Martina Friedli en plein travail créatif

Chinderzytig

Des centaines d’heures de travail pour réaliser un magazine gratuit pour les enfants

Qui se lance dans une pareille aventure?

Pour la plupart d’entre vous, le Chinderzytig est probablement un magazine que vous découvrez lorsque vous êtes au Gurten. Vous ne l’avez sans doute pas vraiment remarqué, puisque – comme son nom l’indique – il est destiné aux enfants. Mais vous ne le verrez peut-être plus tout à fait de la même manière après avoir lu ce blog. Le premier numéro de ce magazine pour les enfants est né d’une coopération entre le Pour-cent culturel de Migros Aar et le Gurten – Parc Pré Vert.  Le numéro 1 du Chinderzytig est paru en 2016, sous la direction rédactionnelle de Michaela von Siebenthal. Par la suite, une réorganisation opérée au sein de Migros Aar a entraîné la suppression du soutien en personnel au magazine. En revanche, le soutien financier a été maintenu (une chance pour moi, puisque j’ai pu poursuivre le projet).
Ce magazine gratuit pour les enfants est le fruit de centaines d’heures de travail. Difficile à croire, n’est-ce pas? Pourtant, rien que pour la planification rédactionnelle, comme la sélection des sujets, le travail de recherche, la rédaction des textes, la distribution des mandats et bien d’autres tâches, au moins 100 heures sont nécessaires. Et les illustrations ne sont pas comprises dans le calcul. À elles seules, elles nécessitent 130 heures de travail supplémentaires.

Sans le Pour-cent culturel Migros, l’aventure serait tout simplement impossible.
En additionnant les heures de travail de toutes les personnes impliquées, on arrive à un total d’environ 300 heures (par comparaison: un mois d’un emploi à 100% représente environ 180 heures de travail). Le magazine est imprimé une fois par an à 15 000 exemplaires. Comme le Chinderzytig ne contient pas de publicité et qu’il est gratuit, nous en supportons tous les coûts en tant qu’éditeurs. Sans l’engagement et le soutien du Pour-cent culturel Migros, le Chinderzytig ne serait pas réalisable à cette échelle. 

Des sujets importants, présentés de manière adaptée aux enfants
Comme la plupart des adultes, vous n’avez jamais ouvert le magazine, et encore moins lu. Nous sommes convaincus que même vous, vous auriez le sourire aux lèvres en lisant les blagues et les bons mots que nous publions. Pourtant, le magazine offre bien plus que des jeux de mots et des devinettes. Nous essayons d’expliquer à la nouvelle génération différents sujets importants pour la société, au moyen d’exemples clairs. Les derniers numéros du magazine ont par exemple traité la problématique du climat ou les animaux dans notre environnement. Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique mondial et qu’est-ce que cela signifie pour le Gurten? Dans le numéro 4 (2021), nous avons montré que les activités liées à la neige, comme la luge, allaient peu à peu diminuer à basse altitude, comme sur le Gurten. À la place des sorties spontanées sur les pistes enneigées, nous aurons davantage de jours de pluie et de boue sous les chaussures. Cette comptine de Lorenz Pauli résume la situation de manière amusante:

Pfludiwinter
We’s geng rägnet anstatt schneit,
ds Schlittle drum ids Wasser gheit,
muesch halt chli flexibel sy.
Glungge-Söörfe! Bisch derby?

Suech e Glugge, läng u breit,
seckle los, so schnäll wie’s geit.
Gump! Es sprützt nach überall!
Gump nomal, das fägt total. 

Klar bisch nächär pfludinass.
Houptsach isch, der Spass isch krass.
U vo wäge Suberkeit:
D Wöschmaschine steit bereit*.

* «bereit» heisst eigetlech im Bärndütsch «parat», das riimt sech aber uf «Salat», u um dä geits hie nid.

Dans le dernier numéro, nous avons choisi de nous intéresser de près à l’abeille mellifère locale. L’été pluvieux et la maigre récolte de miel qui s’en est suivie nous ont poussés à faire ce choix. L’abeille, qui évoque plutôt la douleur d’une piqûre à un enfant, apporte une contribution essentielle à l’écosystème.  Avec d’adorables dessins, des blagues et des devinettes, nous invitons les enfants à découvrir cet insecte habituellement impopulaire. En améliorant l’image de l’abeille et en sensibilisant nos jeunes lecteurs, nous espérons les aider à établir un lien durable avec la nature et à prendre soin de la faune qui les entoure. 

Un concours de dessin invite les enfants à s’intéresser de près à l’abeille et à la représenter à leur manière. Voici quelques-unes des créations très émouvantes que nous avons reçues sur le thème du hérisson (Chinderzytig no 4, 2021):
 
Dessins d'enfants du hérisson.

Martina Friedli – Illustratrice et star du Chinderzytig 
Le magazine est tiré à 15 000 exemplaires, soit autant d’enfants qui le lisent, ou du moins le feuillètent. Martina Friedli fait partie de l’équipe du Chinderzytig depuis 2017. Graphiste, elle s’occupe aussi de la mise en page. Elle se charge de la partie la plus importante de notre mission: c’est elle, en effet, qui illustre les sujets que nous abordons, les rend accessibles et, surtout, compréhensibles pour les enfants. Ses dessins se passent d’explications et sont tout à fait adorables.  

Tu collabores au Chinderzytig depuis 2017 et tu es seule responsable de sa mise en œuvre graphique depuis 2021. À quoi ressemble ton processus créatif pour le magazine?
Martina: je commence bien sûr toujours par lire le briefing, afin de prendre connaissance des souhaits du donneur d’ordre. Je m’accorde ensuite du temps pour m’imprégner du sujet choisi, et cette réflexion n’a pas lieu au bureau, mais plutôt quand je suis en route ou que je fais quelque chose d’autre. Ensuite, j’ai en général déjà une idée bien concrète en tête. À ce moment-là, je m’installe à mon bureau ou ailleurs et je commence à faire des croquis au crayon dans mon carnet. Je fais des petits croquis rapides, de la taille d’un pouce. Je me concentre surtout sur la page de couverture, la plus importante. Lorsqu’elle est attrayante, le magazine sera lu. 
C’est la partie la plus difficile de mon travail. Je dessine ensuite mes croquis sur ordinateur, où je peux facilement faire des modifications et des essais de couleurs. 

Dans quelle mesure es-tu libre d’exprimer ta créativité? As-tu des consignes concrètes à respecter pour la réalisation graphique?
Martina: j’ai beaucoup de liberté dans mon travail pour le Chinderzytig. Les sujets et les souhaits sont définis, mais je suis libre de les illustrer à ma façon. J’apprécie tout particulièrement de pouvoir laisser s’exprimer l’enfant qui est en moi: je peux utiliser autant de couleurs que je veux, faire des dessins très amusants et simplement penser comme un enfant. Pour le reste de mon activité, je travaille généralement en noir et blanc, et essentiellement avec des lignes droites. J’aime observer les réactions de mes trois filleuls quand ils découvrent le Chinderzytig terminé. Si leurs visages sont rayonnants, c’est que j’ai réussi ma mission. 

Quelles sont les difficultés que tu rencontres dans la réalisation d’un Chinderzytig?
Martina:Pour le premier numéro auquel j’ai participé, j’ai surtout fait la mise en page. Je n’avais dessiné que quelques illustrations, la plupart étaient alors réalisées par Rahel Winiger. Maintenant, je fais tout: les illustrations et toute la mise en page. Pour le meilleur et pour le pire, car je peux tout harmoniser. Mais il me manque parfois une certaine distance par rapport à mon travail. C’est comme de porter des œillères. Je ne vois en effet que mon point de vue et tout est donc logique pour moi, bien que la réalité puisse être différente. Pour avoir la distance nécessaire, je soumets mon travail à une collègue, qui me donne son avis critique. Ce soutien mutuel est précieux, car il donne de bons résultats. 
J’ai beaucoup de plaisir à travailler pour le Chinderzytig et je me réjouis toujours beaucoup de découvrir les exemplaires imprimés au funiculaire du Gurten ou au Tapis Rouge.

Tatjana Schär, employé du marketing, au Signal Est

Auteur

Tatjana Schär

Employé Marketing et communication

Martine Friedli au travail. Sur la page de gauche, on voit un extrait du carnet de croquis avec les

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Pour-cent culturel Migros

On doit à Gottlieb Duttweiler, le fondateur de Migros, l’idée du Pour-cent culturel Migros. Il s’agit d’un engagement volontaire de Migros dans les domaines de la culture, de la société, de la formation, des loisirs et de l’économie. Avec ses institutions, ses projets et ses activités, il permet à une large population d’accéder à des prestations culturelles et sociales.

Parallèlement au Chinderzytig, le Gurten accueille d’autres évènements comme l’ouverture du parc de jeux et la fête d’automne, également financés par le Pour-cent culturel Migros. Sans cette aide, ils ne pourraient pas être proposés gratuitement à un large public.

Complément d’information sur le Pour-cent culturel